L'imagerie lilloise



Les blasons de Mˇlino

Trois plaques d'ˇtain de Boh¸me

4 blasons
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L'image populaire lilloise, devenue rare aujourd'hui, est l'expression d'un art qui a probablement vu le jour dans le pays flamand, grand berceau de la gravure.
Les premières images concernent bien souvent le "Christ" mais rapidement s'ajoutent des gravures représentant un "Saint" à qui est demandé aide ou protection pour sa famille, ses animaux ou pour obtenir une guérison. Ces images sont dites "de préservation". Elles représentent l'art populaire par excellence et se sont venduesde tous temps à un prix extrêmement bas.
Cette imagerie religieuse disparut à la Révolution. A la même époque les corporations, les associations furent dissoutes par la loi de 1791 avec interdiction d'en créer de nouvelles.

Mais le mouvement ouvrier réapparaît dès la fin de la Révolution. Les associations ne pouvant renaître sous leurs anciens statuts, il se crée des groupements d'ouvriers sous forme de sociétés de jeux, de traditions locales ou de secours mutuels.
Ces sociétés, connurent un vif succès dès leur création ; en 1828 Lille en comptait 113 ayant 7 667 membres sur une population de 70 000 habitants nous signale Elise Seguin (Artset traditions Populaires 1961 " Imagerie et vie sociale à Lille Louis Mélino 1790-1859)."
Ces sociétés sont placées sous la protection d'un "Saint Patron", et elles en portent le plus souvent le nom. Chaque association a son blason, sa statue, son règlement. Le financement est assurépar les cotisations des adhérents et par les amendes dues par les sociétaires en cas de manquement aux règles de la confrérie.

Chaque année le "Valet" (comptable de l'association) remet contrepaiement à chaque membre de la société un blason à l'image du saint patron.
Ce blason se porte au couvre-chef ou au revers de la veste grâceà une plume de poule ou de pigeon collée au dos de l'image,le jour de la fête de la société (fête du SaintPatron).
Les festivités terminées, le blason est conservédans la maison du sociétaire pour s'attirer la protection du saint jusqu'à la fête de l'année suivante où il est remplacé par un nouveau blason.

Un graveur lillois s'illustre dans la confection de ces blasons : Louis Mélino (1790-1859). Nous ne connaissons que peu de choses de sa vie. Le 18 juillet 1821 Louis Mélino se marie avec Catherine Ribière. A cette date il est qualifié d'imprimeur en taille-douce. Devenu veuf en 1951 il épouse en secondes noces Marie-Louis Génicot, âgée de 36 ans, cuisinière et originaire de Bruxelles. Il habite rue des Arts et y exerce toujours son métier d'imprimeur. Il meurt au 8, rue des Arts le 22 mars 1859 à l'âge de 69ans.

Le blason de "Mélino" est une petite gravure en taille-douce d'environ quinze centimètres de hauteur sur huit à neuf centimètres de largeur, imprimée sur du papier fin, puis coloriée de couleurs vives et collée sur un carton fort. Il est ensuite découpé sous forme festonnée suivant le contour de la gravure. La dernière opération consiste à coller au dos du blason la plume qui sert à le porter.
De nombreux blasons ont été produits par Louis Mélino, l'étude la plus complète en a été faite par Elise Seguin en 1961. Nous y puisons une part importante de nos renseignements.
L'oeuvre de Mélino est presque exclusivement liée à la vie des associations et des Sociétés de Secours Mutuels à l'époque de la Restauration et de la Monarchie de juillet. Déjà au siècle dernier ces blasons faisaient l'objet d'études et de collections. Une publication importante en est faite en juillet 1894 dans "Le Souvenir religieux de Lille et de la région" par Georges Humbert dont la collection de blasons dépassait la centaine. Mais avant lui le poète Desrousseaux nous parlait déjà de ces petites images.

Plus près de nous, une exposition consacrée à l'imagerie lilloise est présentée à Lille en 1958 : elle fait une large part aux blasons de Mélino.

Nous retrouvons une publication écrite en 1924 par le Docteur Eugène Olivier dans Arts et Traditions Populaires, concernant sa collection de "Mélino" cette collection est entre nos mains et c'est elle que nous vous présentons sur le site Lille 1900.
Elle comporte un ensemble d'images de Mélino, et trois plaques d'étain ayant servi à graver des blasons du précurseurde Mélino : le graveur Jean-Baptiste Bohem. Ces plaques d'étain sont rarissimes et sont les seules connues de ce graveur.
L'ensemble de cette collection représente une mémoire importante de la vie des graveurs lillois, chaque pièce est un enchantement, certaines sont peu connues ou inconnues.

Afin d'éviter toutes confusions, nous avons attaché une grande importance à la taille de la gravure quand les blasons ne sont pas découpés, à la taille du blason et à la grandeur de la gravure quand le blason est découpé.
Avant de disperser cet ensemble, nous profitons des sites Vauban Collections et Lille 1900 pour graver sur internet cette collection.
Nous remercions tout particulièrement Jean-Luc Synave et toute l'équipe d'Internence qui nous apportent un concours plus que précieux pour la réalisation de cette présentation unique en son genre.

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Les fiches sur Louis Melino